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Bou Faour promet une série de mesures pour améliorer le quotidien des détenues à Baabda

L’orient le jour 4/11/2011

Le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, s’est entretenu hier avec des femmes détenues à Baabda. Il a écouté leurs doléances et promis une série de réformes.

Un climat d’effervescence régnait hier au troisième étage du minuscule bâtiment de la prison des femmes à Baabda, où le ministre des Affaires sociales, Waël Bou Faour, était attendu pour une visite d’inspection dans le cadre de laquelle il s’est entretenu avec des prisonnières et écouté leurs doléances.
De temps à autre, un strident brouhaha s’élevait, suivi immédiatement de forts éclats de rires. Tirant sur leurs cigarettes, des dizaines de femmes, réunies dans une pièce aménagée pour l’occasion en salle de réunion, discutaient vivement, attendant « leur » visiteur.
« N’allez surtout pas raconter que les prisonnières sont contentes et dans de bonnes conditions, lance l’une des femmes à l’intention d’une journaliste. Loin de là ! Au fait, c’est tout à fait le contraire. Mais, aujourd’hui, nous sommes surexcitées. C’est la raison pour laquelle nous rions autant ! »
Au premier étage, M. Bou Faour entamait déjà la visite des lieux. Les conditions dans lesquelles vivent ces femmes sont déplorables. Murs délabrés, problèmes d’étanchéité, surpeuplement (les cellules contiennent huit lits et les prisonnières se retrouvent parfois à dix-neuf dans une même cellule)… autant de problèmes de la vie quotidienne auxquelles des solutions radicales n’ont pas encore été trouvées, comme c’est le cas d’ailleurs dans l’ensemble des prisons du Liban.
La rencontre avec les prisonnières était émouvante. Au-delà des crimes que ces femmes ont commis ou pour lesquels elles auraient été arrêtées, c’est l’histoire de toute une famille disloquée par l’absence de la mère qui ressortait chez chacune d’entre elles. Une dislocation renforcée par les lenteurs du système judiciaire. En effet, certaines femmes, détenues depuis plus de deux ans, n’ont pas encore été jugées et certaines n’ont même pas été interrogées. « Nos familles sont punies avec nous », répétaient ainsi certaines prisonnières, qui exposaient chacune la situation dans laquelle se trouvent les siens depuis leur arrestation : enfants séparés, vivant chez des amis, des parents, ou pris en charge par des associations, manque de ressources financières pour subvenir aux besoins de la famille et de la femme emprisonnée ou pour charger un avocat du dossier, impossibilité de rencontrer les enfants, en raison surtout du manque de ressources financières, « les enfants n’ayant pas les moyens de se payer un taxi pour arriver à Baabda », mais surtout en raison des conditions lamentables dans lesquelles les visites familiales se font à la prison à Baabda. Une femme raconte ainsi que son fils, qui ne l’avait pas vu depuis plusieurs mois, voulait l’étreindre, « mais il s’est retrouvé à embrasser une vitre ».
Trois ONG, Dar el-Amal, l’Association pour la prise en charge des prisonniers et Catharsis, œuvrent – dans la mesure de leurs moyens – au sein de la prison de Baabda pour améliorer le quotidien de ces femmes. Mais un long travail reste encore à faire pour répondre à tous les besoins essentiels des prisonnières.
« La visite de la prison avait pour but d’annoncer une série de projets que le ministère compte réaliser, mais aussi pour écouter vos doléances », déclare M. Bou Faour aux prisonnières, annonçant dans ce cadre que le ministère des Affaires sociales réhabilitera les prisons de Baabda et de Jezzine. « Mais, au-delà de ces projets, nous allons trouver le moyen de vous aider autant que faire se peut pour améliorer vos conditions de vie », ajoute-t-il. M. Bou Faour a ainsi souligné qu’une unité de prise en charge de la mère et de l’enfant sera établie au sein de la prison, avec le soutien du gouvernement italien. « Nous allons également aménager un espace convenable pour les visites familiales », poursuit-il, affirmant que le ministère a pour rôle de veiller sur les enfants de ces femmes, et c’est ce qu’il fera.
M. Bou Faour a enfin invité les responsables des trois ONG à une réunion qui aura lieu aujourd’hui, à 9h, dans son bureau, afin de discuter des moyens d’améliorer la situation des femmes et de leur assurer les médicaments. « Je suis prêt à revoir les contrats et à augmenter les budgets alloués », insiste-t-il. Affaire à suivre.

 

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